dimanche 15 novembre 2009

La burqa

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. Puis le jour et la nuit. Le second jour le matin et le soir. Puis le troisième jour des arbres, de l’herbe et des tondeuses à gazon. Le quatrième jour il a inventé la Piste aux Etoiles, le rayon luminaire avec 50% sur les lampes basse consommation. Le cinquième jour les filets de Colin, les oiseaux et la rôtissoire à moineaux. Le sixième : les animaux vivants dont les mouches. Puis il a fait l'homme et la femme afin qu'ils dominent les animaux vivants, même les mouches. Mais comme l’homme et la femme rencontraient de sérieux problèmes avec les mouches, Il inventa la tapette à mouches pour l’homme et la Burqa pour la femme. Bien plus tard vint le Fly-Tox qui pique les yeux bien plus qu’il ne tue les mouches. Suite à une série de plaintes dont la Fondation Brigitte Bardot, Il a retiré le produit du marché car le composant chimique a entraîné toutes une série de mutations chez les mouches détectée par hasard lors d’une chasse au tigre volant qui s’est vite avéré être une mouche tigre. Les mouches tigres sont des mangeurs agressifs qui ont causé la misère en Asie, en Afrique et au Kremlin-Bicêtre, venant certainement par la Porte d’Italie, dans les bagages de « Jo-l’enflé », pseudonyme donné au passeur de mouches tigres piqué à maintes reprises durant son voyage, transformé en œdème géant et retrouvé mort dans sa bagnole sur le parking de Créteil Soleil. Pas de bol.
Alors, comme nous en avions marre de nous torgnoler la gueule pendant la sieste, nous avons fini par poser les trois moustiquaires aux fenêtres du bas et des barrières anti-mouches au grenier. Rien n’y fit. L’autre soir j’ai été envahi d’une peur irrationnelle en entendant vrombir un coléoptère dans le silence de la nuit. Derechef, j’ai abandonné la tiédeur du lit douillet à Pupuce pour affronter l’immonde bestiole bourdonnante. Ratée une bonne cinquantaine de fois je me retrouvais épuisé par mes vaines gesticulations, sous les yeux effarés de Pupuce qui craignait plus pour la tapisserie que pour la mouche elle-même, avant qu’elle ne s’échappe enfin par le couloir en direction de la chambre de ma belle mère. Je parle bien évidemment de la mouche et non pas de Pupuce.
Tout bien réfléchi, je n’avais pas affaire à une mouche tigre mais une variété bien plus commune de mouche casse-couilles, car sitôt la porte de notre chambre close, attirée par le rai de lumière, la mouche casse-couilles s’est infiltrée sous la porte pour jouer à la mobylette dans mes douze mètres carrés.
Nous avons donc passé toutes nos vacances ensembles : Pupuce, la mouche et moi. Rosiane s’est acheté une tapette à mouches neuve et moi je fais la sieste avec une burqa. Le monde à l’envers mais faut comprendre aussi. Besame Mucho.

samedi 14 novembre 2009

Devoir de réserve

Dans un entretien aux Inrocks, paru en août, Marie NDiaye avait qualifié la France de Nicolas Sarkozy de "monstrueuse". Depuis deux ans, elle vit à Berlin, en Allemagne. À l'époque, Marie NDiaye avait expliqué: "Nous sommes partis juste après les élections en grande partie à cause de Sarkozy (...) Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité... " Du coup, après le Prix Goncourt qu'elle a obtenu, le député UMP Eric Raoult a adressé la semaine dernière une question écrite au ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, pour exiger que les Prix Goncourt observent un inédit "devoir de réserve". Pour Eric Raoult, les propos de Marie Ndiaye "d'une rare violence sont peu respectueux, voire insultants, à l'égard de ministres de la République et plus encore du chef de l'Etat. Le droit d'expression ne peut pas devenir un droit à l'insulte ou au règlement de compte personnel. A ce propos, voici le point de vue de Pierre Assouline publié sur son blog en date du 13 Novembre 2009.
"Franchement, j’avais l’intention de faire l’impasse sur cette lamentable polémique lancée par Eric Raoult, député UMP et maire du Raincy. Je n’imaginais pas qu’une idée aussi grotesque puisse faire boule de neige : réclamer d’un écrivain, fût-il lauréat du prix Goncourt, qu’il s’en tienne à un “devoir de réserve” qui l’empêcherait, comme la romancière Marie NDiaye l’a fait dans une interview, de juger la France de Sarkozy ”monstrueuse” et les ministres Hortefeux et Besson itou :“Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible”. Un devoir de réserve ! A un artiste ! Comme s’il s’agissait d’un fonctionnaire de l’Etat ! On croit rêver. D’autant que le député a publiquement demandé au ministre de la Culture de se prononcer, ce dont M. Mitterrand se garde bien. Bref, je comptais oublier les mauvaises manières de l’épais crétin de Seine-Saint-Denis lorsque j’ai reçu, pas plus tard qu’hier, un courriel personnel plein de bonnes manières celui-là, de la part d’Eric Besson, justement. Foin de mon devoir de réserve vis à vis d’une missive d’ordre privé, voici l’invitation que me faisait tenir sa conseillère :
“(…) Au nom d’Éric BESSON, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, nous vous invitons à réserver votre soirée du 16 décembre 2009 pour un « Dîner Citoyen » réunissant les femmes et les hommes nourris de la relation unique entre la France et le Maroc. Français d’origine marocaine, Marocains de France ou, comme Éric BESSON, Français nés au Maroc, ce dîner rassemblera des personnalités de tous horizons et de tous bords politiques, issues du milieu artistique, sportif, politique, associatif, économique ou académique. Vous êtes l’un des éminents représentants de cette communauté franco-marocaine et nous espérons donc avoir le plaisir de vous retrouver le 16 décembre (…)”
Déjà que l’expression “dîner citoyen” est de celles qui me coupent l’appétit en attendant pire, j’étais prêt ce soir-là à me réfugier plutôt auprès des clodos du Macdo. Dans un premier temps, je me suis frotté les yeux. C’est vrai, je demeure très attaché au Maroc où je suis né, où j’ai grandi, jusqu’à mon adolescence, et à son peuple. Mais qu’en sait-il, le ministre ? Je suis français et républicain. Le reste ne regarde que moi. Qu’est-ce qui lui permet de m’enrôler dans une improbable “communauté franco-marocaine” dont j’apprends l’existence ? Si ce n’est du communautarisme light, qu’est-ce donc ? Et si détestais le Maroc, au point de renier toute attache autre qu’administrative, au nom de quoi se permettrait-il de m’y rattacher d’office ? J’ignore même quel ministre au juste m’invite à être le probable commensal d’Elisabeth Guigou, Dominique de Villepin, Jean Reno, Gad Elmaleh, Arthur, Guy Forget, Jean-Charles de Castelbajac et quelques autres : le ministre de l’Immigration ? celui de l’Intégration ? ou celui de l’identité nationale ? à moins qu’il ne s’agisse de celui du développement solidaire, ce qui me permettrait au moins d’apprendre ce que cela recouvre. Vous imaginez la conversation à table avec mes “compatriotes” : ah le protectorat, c’était le bon temps ! et quelques verres plus tard, on s’interrogerait sur notre marocanité refoulée… Eric Besson est natif de Marrakech mais il a fait ses études chez les jésuites agriculteurs près de Rabat comme personne, puis au lycée Lyautey de Casablanca comme tout le monde. Mais à quoi cela rime, en plein faux-débat sur l’identité nationale instaurée en lieu et place du défunt roman national, de nous réunir sous l’égide du ministre entre anciens de là-bas ? Un dîner franco-tunisien avait inauguré la série au printemps. Pour les franco-sénégalais, c’était en septembre. Ironie de l’histoire : l’historien Pap NDiaye, frère de la romancière, qui y était convié, n’y avait pas donné suite (quelle famille !). Pour les Algériens, on doit déjà afficher complet mais ils ne couperont certainement pas à un excitant discours de Jean Daniel sur “Camus et moi”. Et après, ceux d’Indochine regroupés entre natifs ? A quoi riment ces rafles mondaines franco-ethniques ? Au fait, comme l’invitation était polie, j’ai répondu de même. En la déclinant pour cause de voyage à l’étranger. Ce qui est vrai. Si j’avais été dans-mon-pays-la-France à ce moment-là, qui sait, j’aurais peut-être accepté. Au cas où j’y aurais retrouvé mon identité. Juste pour vous raconter la soirée par le menu. Au mépris de tout devoir de réserve."
Pierre Assouline.

vendredi 13 novembre 2009

Moulinsart l'a tué.

Bob Garcia est auteur de polars, musicien de jazz, chroniqueur à TSF Jazz et tintinophile. Il a publié 5 ouvrages sur Tintin. En 2006 avec son éditeur, il a été condamné par le Tribunal de Nanterre pour « contrefaçon », atteinte aux « droits patrimoniaux » et au « droit moral de l’auteur ». Le jugement crée néanmoins une jurisprudence qui permettrait la courte citation d’images d’un auteur de BD. Décision contre laquelle la société Moulinsart à fait Appel . Par un arrêt du 17 septembre 2009, la Cour d’Appel de Versailles a donné raison à Moulinsart. Du coup, un huissier est venu saisir la maison de l’écrivain.

"Je suis auteur de polars aux éditions du Rocher, Payot-Rivage, etc. (Testament de Sherlock Holmes, Duel en enfer, etc.) En marge de mon travail d’écrivain, j’ai publié par passion cinq petites études tintinophiles, tirées en moyenne à 500 exemplaires chacune, dans le cadre d’une association loi 1901 (Promocom) dont le but est de faire connaître Tintin auprès du jeune public. Certains de ces ouvrages contiennent quelques vignettes de Hergé au titre de la courte citation graphique et conformément à la convention de Berne de 1974 (Acte de Paris), afin d’illustrer le propos. Ni Promocom, ni moi-même n’avons gagné un centime avec ces publications quasi confidentielles. Un premier jugement – Tribunal de Nanterre – dans le procès opposant Moulinsart/Rodwell à Promocom/Garcia a admis le principe de la courte citation graphique. Moulinsart a fait appel. Le jugement en appel – Tribunal de Versailles – infirme sur le principe de courte citation graphique et me condamne à payer 48.619,76 euros pour contrefaçon, sur des accusations mensongères et non démontrées de Moulinsart (on me demande par exemple de retirer des images de Tintin d’un de mes ouvrages qui n’en contient aucune !) L’association Promocom étant acculée au dépôt de bilan, et ne pouvant pas moi-même payer cette somme (je ne suis pas imposable en 2009), j’ai donc proposé par voie d’avocat une solution de conciliation à Moulinsart qui connaît fort bien ma situation financière. Réponse de Moulinsart : commandement de payer avec saisie-vente de ma maison, au plus tard mercredi 28 octobre. Je souhaite dénoncer les procédés orduriers de Rodwell et de Moulinsart, en montrant la violence et l’acharnement dont ils font preuve à mon égard. Un proche de Rodwell a annoncé publiquement devant témoins que « Rodwell veut la peau de Bob Garcia. Jusqu’à quand les juges vont-ils donner raison à un tel personnage ?" Pour mieux connaitre Bob Garcia :

jeudi 12 novembre 2009

Climate Circus

A la suite du Conseil européen des 29 et 30 octobre, au cours duquel il a été question de la conférence des Nations unies sur le climat, les députés du Groupe des Verts/ALE ont lancé un site Internet humoristique, le Climate circus, destiné à mesurer les positions des principaux pays sur les changements climatiques. Nicolas Sarkozy y apparaît comme un magicien raté, et Stephen Harper, le Premier ministre canadien, comme un acrobate inconscient. Cette campagne en ligne tente de montrer le décalage qui existe entre le discours des dirigeants de l’UE et des leaders mondiaux, et les mesures réelles qu’ils sont prêts à prendre pour lutter efficacement contre le changement climatique.

mercredi 11 novembre 2009

La nostalgie...

Pourquoi tant de nostalgie vis à vis du passé ? Dans cette banlieue Rouge où j’ai vécu jusqu’à mes 17 ans, ma vie de famille n’était pas des plus reluisantes. Les minuscules trois pièces sans salle de bain et les W.C sur le palier, étaient le témoin des sévisses que me faisait subir ma mère et des longues après-midi d’ennuie et de solitude. Les murs laissaient filtrer les râles de plaisir tout autant que les cris et les coups des voisins. Ma scolarité fut tout aussi médiocre que ma sexualité. De quinze à dix sept ans il y a eu cette bouffée d’espoir vite étouffée quand le Général a fait rentrer tout le monde dans le rang. Puis la fuite de l’homoncule vers le néant. Pourtant ce sont ces années qui ont fait bien malgré moi ce que je suis devenu aujourd’hui. Que ne donnerais-je pas pour revoir certains camarades avec lesquels j’ai fait les 400 coups, retrouver mes vieux albums de Tintin et Spirou, Revolver des Beatles et mes autres vinyles sans compter la flopée de 45t, les Dinky Toys sans pneus, enlevés pour jouer au saut de puces ce qui me valut une trampe mémorable (y a pas idée aussi), le premier cinéma, le premier baiser, la première fois, les autres fois, la Gauche de plus en plus gauche au fil des ans, les manifs, la contestation, le monde à refaire, la chute du mur de Berlin (c’est à la mode); en bref retrouver le vrai passé de dans le temps à l’ancienne. Sacré passé, tu nous enseignais, le vrai, le bon, le durable, l’authentique. Aujourd’hui tout n’est que désillusion, commémoration et inauguration du musée d’hier. Pourtant aujourd’hui je m’ennuie tout autant qu’hier. L’insouciance en moins, peut-être même encore plus qu’hier mais certainement bien moins que demain. Jusqu’à l’ennui final enterré sous un bloc du mur de Berlin bradé aux Puces. J’ai donc hâte d’être à demain pour regretter amèrement aujourd’hui : la nostalgie, Camarade, la nostalgie.

mardi 10 novembre 2009

L'histoire cachée de la chute du mur de Berlin

lundi 9 novembre 2009

Confiture de Mur (A l'ancienne)

Les Bonnes recettes de Mamie Honecker
Confiture de mur (à l’ancienne) Temps de préparation : seize ans Temps de cuisson : (généralement) nuit du 12 au 13 août Conservation : 28 ans
Ingrédients :
Tours de contrôle : 302
Unités de chiens de garde : 259.
Miradors : 93.
Bunker : 20.
Mesures d'un segment de mur :- Hauteur : 3,6 m. au minimum.- Largeur 1,20 m.- Profondeur au sol 2,10 m. Encerclez le périmètre délimité sur une longueur totale de la ceinture autour de Berlin-Ouest : 155 kilomètres, dont longueur entre Berlin-Ouest et Berlin-Est : 43,1 km. et longueur entre Berlin-Ouest et la RDA : 111,9 km.
Lavez soigneusement les opposants au régime, puis dégouttez-les. Mettez-les dans une grande bassine de cuisson. Dès le début de l'ébullition, retirez du feu et passez les opposants au moulin à légumes. Lorsque tous les opposants au régime sont passés, pesez la purée obtenue et jetez les grains retenus dans la Spree.
Remettez le jus dans la bassine rincée avec le sucre cristal (comptez 900 g de sucre pour 1 kg de purée). Remuez pour diluer le sucre avant de reprendre la cuisson.Comptez 5 mn à partir du début de l'ébullition, et remuez sans cesse.Versez dans des pots préalablement ébouillantés, refermez aussitôt et placez-les à l'envers sur un torchon avant de les retourner pour les stocker.
Dès l'ouverture du Mur à consommer sans modération.